La vie de Monsieur de Molière

de Mikhaïl Boulgakov

Un texte sublime de l’auteur du Maître et Marguerite dans une mise en scène originale : un quatuor d’acteurs aux multiples visages livre au public les péripéties de la jeunesse de Molière. De la perte tragique de sa mère à l’avènement de sa gloire, la vie de l’illustre Molière est loin d’être un fleuve tranquille…


Photos : Stéphane Papeau

Équipe artistique

adaptation : Laure Huselstein
mise en scène : Serge Irlinger
lumière : Sébastien Tardon
univers sonore : Aline Deforge et Emmanuel Presselin
régie son : Pascal Aubert
acteurs :  Grégory Henno,  Laure Huselstein,  Joël Fréminet,  Jean-François Rousseau

Avec l’aide de la Région Poitou-Charentes, du Conseil Général de la Charente-Maritime, du Fonds d’Aide Régional à la Diffusion
Résidences : CREA , ville de Fouras et Théâtre Toujours à l’Horizon

Mikhaïl Boulgkov (1891- 1940)

C’est à Kiev que Mikhaïl Boulgakov est né (1891) et a grandi. Il entre à la faculté de médecine en 1909 et se marie. Abandonnant la médecine en 1920, il se consacre à la littérature. Rejoignant Moscou, il publie de nombreux articles et travaille pour la scÈne. Auteur de comédies, de romans (Le Maître et Marguerite l’a rendu mondialement célÈbre) et de nombreuses nouvelles, ennemi de la bureaucratie et des compromis, cet écrivain passionné de théâtre, incompris et écrasé par les autorités soviétiques (domicile perquisitionné, manuscrits confisqués, piÈces tantôt jouées tantôt interdites par le pouvoir), dut se contenter d’emplois subalternes. Ayant conservé jusqu’à la fin sa dignité et sa liberté de créateur, Mikhaïl Boulgakov est mort en 1940 à Moscou.

Le roman, La vie de Monsieur de Molière

En 1932, Maxime Gorki commande à Mikhaïl Boulgakov une biographie de Molière, premier volume d’une collection La vie des hommes remarquables, conçue pour « instruire » les jeunes gens de l’époque. Dépassant la simple biographie, Boulgakov écrit un roman à part entière, au style sublime, plein d’imagination et de vie. Manifestant clairement sa subjectivité, Boulgakov n’hésite pas à suggérer des rapprochements avec son temps, interrogeant la relation de l’artiste avec le pouvoir, dénonçant les difficultés à se faire accepter et respecter et par conséquent, démontrant la tragédie de la servitude. La vie de Monsieur de Molière, censurée par le pouvoir soviétique, vint augmenter la liste des ouvrages qui ne virent jamais le jour du vivant de l’écrivain. Le texte ne paraîtra qu’en 1962 et ce n’est qu’en 1990 qu’est publiée à Moscou la première édition intégrale.

Faire que cette rencontre, cette conversation plonge le spectateur en introspection, qu’il s’y retrouve.

Par un travail de direction précis et sensible ,emmener les acteurs à plus de vérité, d’engagement et ainsi faire naitre la relation forte et intense de deux inconnus qui vont se livrer sans retenue.

L’adaptation

L’adaptation reprend avec quelques coupures dans le texte, les dix premiers chapitres du roman, racontant la jeunesse de Molière: son éveil au théâtre, sa relation avec son père et son grand-père, puis avec Madeleine Béjart, son échec parisien, sa vie de comédien errant, sa rencontre avec son premier protecteur, le prince de Conti, son triomphe à Paris avec une simple farce. S’identifiant complètement à son héros, Mikhaïl Boulgakov s’investit de manière émotionnelle dans son récit, développant avec plaisir des séquences tantôt dramatiques, tantôt féeriques ou encore jubilatoires avec la précision du détail, du rythme et de l’atmosphère.

La mise en scène

La mise en scène restitue cette alternance d’images fulgurantes et sensibles, de remarques ironiques et amères sur la condition des artistes, de regards compatissants sur les protagonistes. Face au public, un quatuor d’acteurs, aux multiples visages fait partager les épisodes les plus marquants de la jeunesse de Molière à travers des prises de paroles solo, dialoguées, chorales…Chaque acteur-narrateur intervient avec sa propre subjectivité, apportant ainsi une note, une couleur nouvelle au récit. Quant aux acteurs écoutant et ressentant, leurs visages sont l’expression d’autant de points de vue sur l’histoire. Pendant une heure vingt-cinq minutes, cet ensemble théâtral et musical offre un spectacle total pour les yeux et les oreilles. Enveloppé de musique – une bande sonore a été conçue en totale adéquation avec le récit et le jeu des acteurs – le spectateur peut goûter chaque émotion vécue avec une réelle intensité.

La presse au Festival d’Avignon

… c’est une véritable « prouesse technique » qui se déroule sous nos yeux : c’est presque un péplum! Nos quatre acteurs assis sur des chaises nous dépeignent le Paris grouillant du Pont-Neuf et des foires, la troupe de Molière au complet avec sa caravane et ses bœufs, le public somptueux de leur première représentation devant le jeune roi…. Un texte à la puissance d’évocation parfaitement servie par la mise en scène de Serge Irlinger: économie de moyens scéniques, grande richesse des personnages, pléthore d’émotions, foison de faciès; Un grand bravo également aux concepteurs de l’univers sonore.

Emmanuel Wetzel, LA MARSEILLAISE.

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Willem, LIBÉRATION.

… Voilà une mise en scène qui colle au texte d’une manière absolument parfaite! Le parcours de Molière, sa difficulté à faire reconnaître son art, son ambivalence avec le pouvoir, toute sa hargne et son audace, nous sont génialement relatés…. Molière s’anime d’une manière exceptionnelle dans l’œuvre de Boulgakov, mais les personnages qui l’entourent composent également une galerie de portraits prodigieuse… Brillamment mis en musique, l’ensemble resplendit. Serge Irlinger, metteur en scène et scénographe, restitue la fulgurance et la magie de Boulgakov. Et la couleur du récit de la vie de Monsieur de Molière devient tonitruante.

Joseph Agostini, LA THÉÂTROTHÈQUE.

Sur une scène mise à nue, nous assistons à la performance renversante de quatre virtuoses habités par l’histoire de Molière, d’après le roman de Boulgakov. En effet, le quatuor nous impressionne par les différentes intonations adoptées et par les changements de faciès opérés sous nos yeux ébahis. De plus, la mise en scène d’Irlinger et le talent des acteurs offrent un spectacle débordant d’originalité où les anecdotes mêlées aux diverses mimiques suscitent de nombreuses émotions.

C.B., La Provence, le 20 juillet 2006.

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