Le Square

de Marguerite Duras

Elle, la jeune fille, « la bonne à tout faire », attend que sa vie change, refuse les plaisirs simples de la vie pour ne pas se faire à cette existence qu’elle n’a pas choisie. Lui, l’Homme, le voyageur de commerce, balade sa vie comme sa valise, sans attache, n’attend rien, prend la vie comme elle vient au gré de ses voyages. Dans l’anonymat d’un square, ils vont tout se dire avec la passion et l’énergie de ceux qui n’ont rien à perdre.

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Photos : Didier Goudal

Équipe artistique

mise en scène et scénographie Marie De Oliveira et Serge Irlinger
univers sonore Gilles Monfort
lumière Sébastien Tardon
Avec Rania El-Chanati – la jeune fille
Serge Irlinger – l’homme

coproduction Cie Ilot-Théâtre / La Maison des Arts
La compagnie est conventionnée par la Région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, le Conseil Départemental de la Charente-Maritime et la Communauté de Communes de l’île de Ré.

Marguerite Duras (1914- 1996)

Marguerite Germaine Marie Donnadieu naît le 4 avril 1914 à Gia Dinh, en Indochine française. Elle y vit jusqu’à l’obtention du baccalauréat en 1931. Elle part en France et passe son diplôme de sciences politiques en 1938 puis se marie avec Robert Antelme le 23 septembre 1939. Employée au comité d’organisation du livre en 1942, elle a pour amant Dionys Mascolo. Lors de la déportation de son mari elle est aussi la maîtresse de Charles Deval. Elle entre dans la résistance et commence ses écrits par Les Impudents publié chez Plon en 1943, puis enchaîne avec La Vie tranquille chez Gallimard. Marguerite Duras et Robert Antelme divorcent au mois d’avril 1947. En juin naît Jean, fils de Marguerite Duras et de Dionys Mascolo avec qui elle se remarie et dont elle se séparera en 1956. Elle est membre du parti communiste français de 1944 à 1950. Entre temps, elle écrit Un barrage contre le pacifique adapté plus tard à l’écran. Reconnue par ses pairs en 1958 avec son roman Moderato cantabile elle devient, l’année suivante, scénariste du film Hiroshima mon amour d’Alain Resnais. Marguerite Duras ne cache pas son opposition à la guerre d’Algérie en 1960, idée matérialisée par le Manifeste des 121 qu’elle a signé avec Simone de Beauvoir. Toujours politiquement à gauche, elle milite aux côtés des étudiants en mai 1968. En 1971, elle s’insurge de nouveau pour le droit des femmes à l’avortement en signant le Manifeste des 343. En 1983, Marguerite Duras reçoit le Grand prix du théâtre de l’Académie Française. En 1984, elle obtient le Prix Goncourt pour L’amant, autobiographie sortie aux Éditions de Minuit. Ces œuvres sont traduites dans le monde entier. Le 3 mars 1996, Marguerite Duras s’éteint dans son appartement parisien à l’âge de 81 ans.

La mise en scène

C’est d’abord et avant tout le texte, les mots de Marguerite Duras. C’est comprendre, sentir, explorer… C’est tirer l’huile essentielle du texte, faire des choix sans le dénaturer, se l’approprier, influer un caractère plus tranché à la jeune fille, plus solaire à l’homme. C’est faire corps avec les mots, afin que tous résonnent comme une matière essentielle. C’est donner un rythme, des silences où la parole se suspend pour permettre la respiration, la réflexion, le doute… C’est tirer toute l’humanité, l’universalité du texte.

Puis vient le temps du plateau, deux comédiens interprétant deux personnages, la petite bonne et le représentant de commerce… Pendant un peu plus d’une heure, gros plan sur deux individus pris au hasard d’une foule d’anonymes dans un square.

Faire que cette rencontre, cette conversation plonge le spectateur en introspection, qu’il s’y retrouve.

Par un travail de direction précis et sensible ,emmener les acteurs à plus de vérité, d’engagement et ainsi faire naitre la relation forte et intense de deux inconnus qui vont se livrer sans retenue.

L’univers sonore

La bande sonore du Square, composée principalement de field recordings, utilise le fort pouvoir de suggestion sensorielle du son réaliste, quasiment documentaire. Ainsi, elle souligne délicatement le propos du texte et porte subtilement le jeu des acteurs. On oscille insensiblement comme dans un songe entre le décor quotidien où se déroule le dialogue et l’ailleurs où nous emmènent les rêveries des personnages. Un écrin sonore à la fois discret et omniprésent, comme la musique mentale que pourrait imaginer lui-même le spectateur lorsque sa concentration l’immerge au cœur du récit.

La lumière

L’image lumineuse est celle d’un square au début de la belle saison, un ciel bleu ponctué d’un jaune soleil de printemps, tantôt dégagé, tantôt ciel de traîne aux cumulus cotonneux… C’est celle de « L’oiseau qui picore le ciel » de René Magritte, ciel qui traverse le quatrième mur et vient se loger au-dessus de la tête de son public par un effet de faux plafond, ne cloisonnant pas le propos durassien mais le canalisant entre terre et ciel, droit vers son spectateur.

Téléchargements

Dossier de présentation (1,5Mo)

Photos haute définition (5 Mo)

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