
VAUBAN, LA PAROLE EST À VOUS -
Une pièce d'Yvonne Berriau, d'après les écrits de Vauban.
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Mise en jeu et interprétation : Laure Huselstein , Serge Irlinger , Jean-François Rousseau
Mise en lumière : Sébastien Tardon
Co-production : Association des Amis des Fortifications de Saint-Martin-de-Ré et la Compagnie Ilot-Théâtre
Avec l'aide de : Mairie de Saint-Martin-de-Ré, Pays-de-Ré, Association Étoile de Vauban et le Conseil Général de la Charente-Maritime
Sébastien Le Prestre de Vauban (1633-1707) est célèbre en France pour la conception de nombreuses fortifications et pour sa carrière d’homme de guerre. Créée en août 2007 à Saint-Martin-de-Ré dans le cadre des manifestations célébrant le tricentenaire de la mort de Vauban, la pièce a suscité un grand intérêt de la part du public. Elle peut être jouée aussi bien en salle que dans des monuments historiques et autres lieux du patrimoine (forts, remparts, châteaux, jardins…).
La pièce a pour vocation de sensibiliser un large public à une page de l’histoire de France. Vauban, Colbert et Louis XIV sont les personnages d’une forme théâtrale proche de la comédie classique.
L’auteure, Yvonne Berriau, a voulu faire découvrir un Vauban méconnu. Parcourant la France en tout sens, « l’ingénieur du Roi » a fait beaucoup d’observations sur les maux de la société de son temps et rédigé des traités qu’il a fait remonter en haut lieu. Ainsi, cette pièce en cinq tableaux, explore les multiples facettes de Vauban tour à tour sociologue, économiste, humaniste et écologiste avant l’heure. Il a réfléchi sur les moyens de sauver et préserver les forêts françaises ; de développer le commerce intérieur par l’amélioration du réseau fluvial ; de réduire les pertes humaines en temps de guerre ; de lutter contre les inégalités en établissant un impôt payé par tous (dîme royale) pour la sauvegarde du peuple. Quelles soient philosophiques, écologistes ou militaires, les pensées de Vauban ne manquent pas de surprendre par leur intelligence, leur audace et leur modernité. Elles témoignent d’un homme dont la vision dépasse les siècles, un homme d’une fraîcheur d’esprit sans pareille, dont l’unique dessein est « le bien et le repos du roi et de ses peuples ».
Faire d'un texte riche en informations un moment de plaisir, voilà comment peut être qualifiée la mise en scène de ce spectacle….
Plaisir de voir les acteurs jouer des personnages dont les caractères font penser à ceux des comédies de Molière : autorité excessive du maître de céans, autrement dit de Louis XIV, avarice de Colbert, curiosité et bavardages de la servante, et enfin, fougue, sincérité et franchise de Vauban.
Plaisir visuel de la scénographie : richesse des costumes d'époque, belle mise en lumière de l'espace scénique par l'éclairagiste Sébastien Tardon ; jeux de scènes ludiques autour d'un cadre géant symbolisant la puissance du roi ; intermèdes musicaux et dansés en clin d'œil aux fastueuses fêtes données à Versailles.
Après une première carrière de pianiste, elle devient documentaliste dans le service de presse d’un grand groupe industriel. Dans les années 80, elle publie son premier livre, un recueil de poésie intitulé « Parfum sauvage » qui lui permet d’être cité dans les pages poésie du Monde. Aujourd’hui retraitée, elle se passionne pour le patrimoine rétais et a écrit plusieurs ouvrages historiques dont « Promenade à travers les fortifications de Saint-Martin-de-Ré et un ouvrage sur le musée Ernest Cognacq. En 2006, elle a été admise à la société des poètes et artistes de France.
Louis XIV : Monsieur de Vauban, je suis bien aise de vous voir. Vos longs voyages à travers nos pays me privent parfois de votre aide précieuse.
Vauban : Sire, ce n’est pas de fortifications dont je veux vous entretenir aujourd’hui mais de nos forêts.
Louis XIV : Expliquez-vous.
Vauban : Les passions se déchaînent dans toutes les régions forestières que j’ai traversées. Qu’elles soient Royales, seigneuriales ou communales, les querelles, les négligences, l’inobservation de l’ordonnance de Colbert ont perpétué des erreurs contre lesquelles cette dernière avait pourtant été édictée. Colbert a fait abattre tant de chênes et de hêtres que…
Louis XIV : Notre Marine devait être forte face à la coalition anglo-hispano-hollandaise.
Vauban : J’en conviens, Sire, mais ce fut au détriment de nos forêts. Partout on se plaint que les futaies se ruinent et qu’elles s’anéantissent. Elles sont réduites en taillis. Qu’elles soient forêts du Roi ou forêts de particuliers, les futaies depuis plus de trente ans ont été dépouillées de ce qu’elles avaient de meilleur. Elles ne sont pas remplacées et avec de tels excès, on ne trouve plus de bois à bâtir ou avec beaucoup de peine et en l’achetant bien cher.
Louis XIV : N’exagérez-vous pas ?
Vauban : Hélas Sire, les lenteurs de l’entrée en vigueur de l’ordonnance de Colbert et maintenant le fait qu’elle soit de moins en moins respectée font que le mal s’accroît de plus en plus, par la coupe continuelle et parfois inadaptée du peu qu’il en reste ; Car c’est bien de cela dont il s’agit. La lutte contre la précarité des abattages, surtout des arbres réservés, se heurte trop souvent au laxisme latent lié aux besoins financiers impérieux des guerres, aux intérêts bafoués des particuliers, aux largesses attribuées inconsidérément ou à la vénalité des offices. Bientôt, si l’on n’y remédie il faudra chercher le bois à bâtir hors du Royaume.
Louis XIV : Il faut l’éviter.
